Lycée François Arago · Arago Sûreté

LES ESSNTIELS
DE LA
SÛRETÉ

Par B.Dol

Agents de Sûreté · Promotion

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Guide opérationnel conçu pour les apprentis agents de sûreté du Lycée Arago. Maîtriser les fondements du métier pour obtenir la carte professionnelle.
« Ça c'est mon manuel, il y en a beaucoup comme celui-là, mais lui c'est le mien. Mon manuel c'est mon vrai copain... »
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7
Codes de Déontologie
30+
Articles de Loi
7
Fiches Mémo
4
PFMP Terrain
3
Années de Formation

MON MANUEL DE COURS SÛRETÉ

Ce manuel n'est pas un simple livre de cours. C'est mon guide opérationnel, conçu spécialement pour les apprentis agents de sûreté du Lycée Arago. Maîtriser les fondements du métier pour obtenir la carte professionnelle délivrée par le CNAPS.

MODULE 01
Code de Déontologie
7 articles d'engagement professionnel. La conduite irréprochable comme première arme.
MODULE 02
Introduction & Métier
Conditions CNAPS, carte professionnelle, rôle de prévention et dissuasion.
MODULE 03
Communication
Communication verbale (méthode DESC), radio, alphabet phonétique, chiffres, termes de procédure.
MODULE 04
Missions de Terrain
Lieu d'exercice, rondes, compte rendu QQOQCP, rassemblements (L613-3), secours à personne.
MODULE 05
Droit & Responsabilités
Responsabilité civile et pénale, infraction, légitime défense, nécessité, menottes (803 CPP).
MODULE 06
PFMP
Sécurité Privée, Police Municipale, Police Nationale, ENP Draveil.
MODULE 07
Fiches Mémo
VIDOCQ, Périmètre, Vidéoprotection, Flagrance, Identité, GAV, Catégories d'armes.
RÉFÉRENCE
Articles Cités
CSI, CPP, Code Pénal, Code Civil, Code de la Route, Code de la Défense.

CODE DE DÉONTOLOGIE

Je viens d'entrer en formation d'agent de sûreté au sein du centre de formation Arago Sécurité. À ce titre, je m'engage :

ARTICLE 1
À apprendre, lire et relire mes cours quotidiennement afin de progresser avec rigueur dans mes apprentissages et ne subir aucun retard dans cette formation professionnelle exigeante.
ARTICLE 2
À me présenter en classe chaque jour avec mon matériel scolaire : a minima une trousse comprenant des stylos (bleu et noir), un cahier ou un classeur et des feuilles, afin de pouvoir prendre des notes et réaliser les évaluations journalières dans des conditions optimales.
ARTICLE 3
À porter ma tenue professionnelle les jours imposés, à l'entretenir avec soin et à remplacer tout élément abîmé ou devenu inadapté à ma morphologie.
ARTICLE 4
À prendre soin du vestiaire mis à ma disposition. Je m'engage au nettoyage et à l'entretien régulier de mon placard ainsi que de la pièce dans son intégralité.
ARTICLE 5
Considéré comme un professionnel des métiers de la sécurité dès mon premier jour de formation, je m'engage à appliquer strictement les codes de déontologie de la profession : Agent de sécurité privé, agent de police municipale, police nationale, gendarmerie, armée et sapeurs-pompiers.
ARTICLE 6
À garder confidentielles les informations et/ou documents qui me seront fournis, y compris ce manuel.
ARTICLE 7
En cas de non-respect de ces articles, présents ou à venir, je m'engage à accepter toute sanction administrative ou disciplinaire qui me sera signifiée.

INTRODUCTION AU MÉTIER

Le métier enseigné est celui d'agent de sûreté. Pour exercer, plusieurs conditions réglementaires doivent être réunies.

CNAPS Conditions d'exercice de la profession +

Pour exercer cette profession, plusieurs conditions réglementaires doivent être réunies :

  • Détenir un diplôme attestant la maîtrise des compétences requises.
  • Avoir un casier judiciaire vierge.
  • Ne faire l'objet d'aucune mention incompatible dans le fichier TAJ (Traitement des Antécédents Judiciaires).
  • Être de nationalité française ou ressortissant d'un État membre de l'Union Européenne.
MISSION Rôle de l'agent de sûreté +

Mon rôle en tant qu'agent de sûreté consiste à assurer la prévention et la dissuasion face aux actes de malveillance, et à intervenir si nécessaire.

TermeDéfinition
SûretéEnsemble des moyens humains et matériels mis en œuvre pour lutter contre les actes de malveillance.
PréventionEnsemble des mesures visant à anticiper, éviter ou réduire la survenue d'actes malveillants.
DissuasionAction visant à décourager un adversaire ou un auteur potentiel de passer à l'acte.
InterventionAction menée pour interrompre un acte de malveillance en cours d'exécution.
MalveillanceVolonté délibérée de nuire, s'exprimant parfois par la violence ou la malignité (ruse).

Je dois également être capable, si une personne présente sur mon site se blesse, est victime d'un malaise ou d'une agression, de lui porter assistance en appliquant les gestes de secours appropriés, conformément au référentiel SST (Sauveteur Secouriste du Travail).

TERRAIN Équipement obligatoire +

Pour exécuter correctement les missions qui me sont confiées, je dois avoir sur moi en permanence :

  1. Un carnet et un stylo (pour prendre des notes : consignes, heure, lieux, description d'une personne ou d'une situation…)
  2. Une montre (pour pouvoir noter l'heure exacte lors d'un incident)
  3. Une lampe torche (inspection diverse)
  4. Une paire de gants (intervention diverse, palpation et/ou secourisme)
ÉQUIPE Travail d'équipe & Communication +

Fort heureusement, je n'agis pas seul : la sécurité est avant tout un travail d'équipe ! Je dois être capable de faire confiance à mes coéquipiers et de communiquer efficacement avec eux. Pour cela, je dois maîtriser une « ARME » essentielle : la communication.

  • Le langage verbal : pour expliquer, négocier, convaincre ou orienter une personne afin de désamorcer un conflit de manière non violente.
  • Le langage non verbal : pour décoder les postures, anticiper un passage à l'acte ou détecter une tentative de manipulation.
  • La procédure radio : pour transmettre des messages clairs, concis et précis à mon équipe.

COMMUNICATION

Verbale, non verbale, radio : maîtriser l'information pour agir efficacement.

VERBAL La communication verbale +

Pour une interaction efficace, je dois impérativement respecter mon interlocuteur en restant calme, poli et courtois. L'usage du vouvoiement est obligatoire et la vulgarité proscrite (interdite).

Si la situation ne s'apaise pas, il convient de faire preuve de fermeté, d'ajuster le ton de la voix si nécessaire et d'employer la méthode DESC.

DESC Méthode DESC — Gestion de conflit +

Exemple de gestion de conflit — Refus d'accès pour billet contrefait :

D
Décrire les faits (Objectivité)
Présenter la situation de manière factuelle, sans jugement.
« Monsieur, je viens de scanner votre billet et le terminal indique qu'il s'agit d'une contrefaçon. Ce titre d'accès n'est pas reconnu par le système officiel. »
E
Exprimer les conséquences (Clarté)
Expliquer l'impact des faits sur la mission.
« Ma mission est de garantir la validité des accès. Je ne peux donc pas vous laisser entrer. Votre insistance bloque le passage et ralentit le flux des autres spectateurs. »
S
Spécifier une solution (Action attendue)
Proposer une issue concrète.
« Je vous demande de libérer l'accès. Si vous souhaitez contester cette décision, je vous invite à vous rendre au guichet "Litiges" à l'extérieur. »
C
Conclure (Conséquences finales)
Poser le cadre légal ou l'issue finale.
« Si vous vous écartez maintenant, la situation en reste là. En revanche, si vous persistez à bloquer l'accès, je serai contraint de solliciter les Officiers de Police Judiciaire présents sur site pour une interpellation. »
RADIO La communication radio +

Je dois maîtriser le matériel fourni : mise en service, réglage du canal ou de la fréquence et application des procédures réglementaires.

  • Règle n°1 : Jamais de nom patronymique sur les ondes (utilisation des indicatifs).
  • Règle n°2 : L'émetteur qui engage la communication doit la clôturer.
  • Règle n°3 : Ne jamais interrompre une communication en cours (sauf urgence absolue).

Structure d'un message radio

  1. L'appel : [Indicatif du destinataire] de [Mon indicatif].
  2. Le message : Court, clair, précis.
  3. Le final : Pour rendre la parole (« Parlez ») ou clore l'échange (« Terminé »).

Structure d'un signalement

  • Je suis : Identité (indicatif) et position précise (ex : "Parking B, allée 4").
  • Je vois : Description factuelle — individus (du bas vers le haut : chaussure, pantalon, veste, tête, signes distinctifs) ou véhicules (marque, modèle, couleur, plaque) et direction de fuite.
  • Je fais / Je demande : Actions entreprises et renforts ou secours nécessaires.
OTAN L'alphabet radio (Phonétique OTAN) +
AAlpha
BBravo
CCharlie
DDelta
EEcho
FFoxtrot
GGolf
HHotel
IIndia
JJuliett
KKilo
LLima
MMike
NNovember
OOscar
PPapa
QQuebec
RRomeo
SSierra
TTango
UUniform
VVictor
WWhiskey
XX-ray
YYankee
ZZulu
CHIFFRES Les chiffres radio +
ChiffreCode radioChiffreCode radio
0Zéro53 et 2
1Unité62 fois 3
22 fois 174 et 3
32 et 182 fois 4
42 fois 295 et 4
PROCÉDURE Termes de procédure radio +
TermeSignification
APERÇUJ'ai bien compris votre message. Je suis en mesure d'exécuter.
ATTENDEZJe stoppe ma transmission durant quelques secondes.
ATTENDEZ TERMINÉAttendez, je stoppe ma transmission pour plus de quelques secondes.
COLLATIONNEZRépétez-moi cette transmission en entier exactement comme vous l'avez reçue.
CORRECTCe que vous m'avez transmis est correct.
JE COLLATIONNECe qui suit est ma réponse à votre demande de collationnement.
J'ÉPELLEJ'épelle phonétiquement le mot avant.
JE RÉPÈTEJe répète la transmission ou la partie indiquée.
PARLEZCeci est la fin de ma transmission pour vous. Je vous écoute, parlez.
PRENEZ MESSAGEPrenez par écrit le message qui suit.
REÇUJ'ai bien reçu votre dernière transmission.
RÉPÉTEZRépétez… (la partie indiquée).
SÉPARATIONIndication de séparation entre le texte et les autres parties d'un message.
TERMINÉCeci est la fin de ma transmission. Je n'ai plus rien à vous dire.

MISSIONS DE TERRAIN

Lieu d'exercice, rondes, compte rendu, rassemblements, menace grave, secours à personne.

Art. L613-1 Le lieu d'exercice +

Dès mon arrivée sur site, je dois identifier tous les accès, cheminements, ainsi que les points critiques :

  • Point dangereux : Lieu présentant un risque intrinsèque (ex : local produits chimiques, transformateur).
  • Point sensible : Lieu convoité par les voleurs et les espions pour sa valeur ou ses données (ex : coffre-fort, serveur).
  • Point vulnérable : Élément dont la destruction paralyserait l'activité du site (ex : centrale électrique).

Pour être un agent performant, je dois agir en véritable Vidocq et repérer tous les indices ou comportements suspects afin d'anticiper les risques et de neutraliser toute menace.

SURVEILLANCE La mission de ronde +

L'une de mes attributions principales sera d'effectuer des rondes de surveillance. C'est une mission qui consiste à parcourir un itinéraire déterminé à l'avance, en passant par des points de contrôle obligatoires (points de pointage).

Aléatoire !

Les rondes ne sont jamais identiques et ne s'effectuent jamais à horaires fixes. Elles doivent être aléatoires pour éviter d'être repéré ou prévisible pour un éventuel malfaiteur.

5 objectifs majeurs

  • Prévenir : Surveiller l'intégrité du site, s'assurer du respect des consignes de sécurité.
  • Dissuader : Décourager les malfaiteurs potentiels par une présence visible et régulière.
  • Détecter : Constater toute anomalie, identifier une intrusion, un départ d'incendie ou un vol.
  • Informer : Rendre compte à la hiérarchie via des comptes rendus écrits et/ou des rapports.
  • Intervenir : Agir immédiatement pour juguler le danger, protéger les biens et les personnes.
QQOQCP Le compte rendu +

Le compte rendu est la relation sommaire d'un fait, d'une mission ou d'une situation particulière. Pour être efficace, mon CR doit être :

  • BREF : Aller à l'essentiel sans phrases inutiles.
  • FACTUEL : Je rapporte les faits tels que je les ai vus. Aucune supposition, ni interprétation personnelle.
  • SIGNÉ : Un compte rendu est toujours signé par son rédacteur.

Structure QQOQCP

PartieObjectifQuestions
IntroductionPoser le cadre des faits.Qui ? Quoi ? Quand ? Où ?
DéveloppementPréciser les causes, le déroulement et les conséquences.Pourquoi ? Comment ?
ConclusionExposer les mesures prises immédiatement et plus tard.Quelles actions ont été menées ?

L'emploi des temps

  • Le Passé Simple : Pour les actions brèves et soudaines (ex : « L'individu trébucha et tomba »).
  • L'Imparfait : Pour décrire le décor et les actions qui duraient.
  • Le Plus-que-parfait : Pour les faits antérieurs à l'action principale.
  • Le Passé Composé : Pour les décisions prises dont les effets durent encore.
TRÈS IMPORTANT

Un bon agent se reconnaît à la précision de ses écrits. Si mon CR est flou ou rempli de suppositions (« je pense que… », « il semblerait que… »), il perd toute sa valeur juridique. Je dois m'en tenir aux FAITS, rien qu'aux FAITS.

Art. L613-3 Sécurisation des rassemblements +

Je vais être missionné pour effectuer des missions de filtrage et de contrôle d'accès lors d'événements sportifs, récréatifs ou culturels rassemblant plus de 300 spectateurs.

Techniques maîtrisées

  • L'inspection visuelle et la fouille des bagages : Je peux regarder à l'intérieur des sacs. Pour une fouille approfondie, je dois obtenir l'accord exprès de la personne.
  • La palpation de sécurité : Recherche extérieure, au-dessus des vêtements, d'objets dangereux ou interdits. Obligatoirement par une personne de même sexe et avec son accord exprès.
  • La détection technique : Utilisation d'un magnétomètre (raquette ou portique).

Conditions de validité

  • Agrément spécifique : L'agent doit posséder une carte professionnelle à jour.
  • Consentement : Le refus de se soumettre au contrôle entraîne l'interdiction d'accès au site.
  • Contrôle de l'autorité : Ces missions s'exercent sous le contrôle d'un OPJ.
Art. L613-2 Sécurisation en cas de menace grave +

Je pourrais être mis en situation dans le cadre de périmètres de protection instaurés en raison d'un risque élevé d'attentat (procédures type Vigipirate).

3 piliers à retenir

  • Le Consentement : Je ne force jamais. Si la personne refuse, je lui interdis simplement l'accès au site.
  • La Mixité : Femme pour femme, Homme pour homme (uniquement pour la palpation).
  • La Finalité : Ma mission est de détecter les objets interdits (armes, bouteilles, fumigènes) pour garantir la sécurité de tous.
SST Le secours à personne +

En tant qu'agent de sûreté, je suis très souvent le premier sur les lieux : je suis le premier maillon de la chaîne des secours. Je dois respecter une chronologie stricte :

  • Le Bilan Circonstanciel (La Protection) : Analyser la situation pour déterminer s'il existe un danger et s'il est contrôlable. Porter les EPI adaptés.
  • Le Bilan d'Urgence Vitale (L'Examen) : Évaluer l'état des fonctions vitales : neurologique (conscience), respiratoire, circulatoire (hémorragie).
  • La Réalisation des Gestes de Secours : Techniques SST appropriées (compression, PLS, RCP avec DEA).
  • L'Alerte (le 15 ou le 112) : Alerter ou faire alerter les secours médicalisés le plus tôt possible.
  • L'accueil des secours : Organiser l'accueil et guider les secours extérieurs jusqu'à la victime.
  • La Surveillance : Rester au chevet de la victime et réévaluer continuellement son état.
TACTIQUE Actes de malveillance & dilemme de l'agent +

Un acte de malveillance est rarement le fruit du hasard ; il est généralement préparé avec minutie selon 4 étapes :

  1. La préparation : Observation du site, repérage des failles, étude des horaires des rondes.
  2. L'approche : Le malfaiteur se rapproche de sa cible, franchit les premières limites.
  3. L'action : Le passage à l'acte (vol, dégradation, intrusion).
  4. La réalisation (ou profit) : La revente du matériel volé ou l'aboutissement du projet criminel.

DROIT & RESPONSABILITÉS

Responsabilité civile, pénale, infraction, légitime défense, nécessité, menottes.

Art. 73 CPP Interpeller / Appréhender +

L'objectif est double : que l'auteur soit puni par la loi (responsabilité pénale) et qu'il répare les préjudices causés (responsabilité civile).

Interpeller

L'interpellation est l'action de s'adresser à quelqu'un de manière directe pour lui demander des comptes. Pour l'agent de sûreté, elle est purement verbale. L'interrogatoire officiel est réservé aux forces de l'ordre.

Appréhender

Appréhender signifie « saisir quelqu'un, s'en rendre maître ». Cela consiste à retenir l'individu par la force physique si nécessaire, le temps strictement requis pour sa remise aux forces de l'ordre (Article 73 du CPP).

Enchaînement opérationnel

  1. J'interpelle : Contact verbal. Je demande à l'auteur de s'expliquer, de s'arrêter ou de me suivre.
  2. J'appréhende : Si nécessaire, j'emploie la force nécessaire et proportionnée pour maintenir l'individu jusqu'à l'arrivée de la Police ou de la Gendarmerie.
Note importante

Si j'appréhende quelqu'un sans pouvoir justifier d'un crime ou d'un délit flagrant, je risque d'être moi-même poursuivi pour "séquestration" ou "violences volontaires". Le discernement est donc ma meilleure protection.

Art. 1240 CC La responsabilité civile +

Principe fondamental : « Qui casse, paye ». Les 3 conditions indispensables :

  1. Une faute (ou un fait générateur) : Une erreur, imprudence, négligence ou acte involontaire.
  2. Un dommage (ou préjudice) : Une victime a subi une perte (matérielle, physique ou morale).
  3. Un lien de causalité : Il faut prouver que la faute a provoqué le dommage.

Les deux grands types

  • La responsabilité contractuelle : Le dommage survient parce qu'une personne n'a pas respecté ses engagements dans un contrat.
  • La responsabilité extracontractuelle (délictuelle) : Elle s'applique en dehors de tout contrat.

On ne répond pas que de ses propres actes

  • Votre propre fait : Vos erreurs personnelles.
  • Le fait d'autrui : Les parents sont responsables des dommages causés par leurs enfants mineurs ; les employeurs le sont pour leurs employés.
  • Le fait des choses ou des animaux : Un pot de fleurs qui tombe du balcon sur une voiture, c'est vous qui réparez.
Art. 121-1 CP La responsabilité pénale +

La responsabilité pénale vise à punir un comportement qui trouble l'ordre public. Contrairement à la responsabilité civile qui vise à réparer un dommage à une victime.

Synthèse : Si un malfaiteur casse une vitrine pour voler un bijou — Civil pour la vitre, Pénal pour la prison.

DROIT La notion d'infraction +

L'infraction est définie comme une action (faire) ou une omission (ne pas faire) prévue et punie par la loi. Selon leur gravité, les infractions sont classées en trois catégories :

CatégorieJuridiction compétenteSanction principale
ContraventionTribunal de PoliceAmendes (classées de 1 à 5)
DélitTribunal CorrectionnelAmende et prison (jusqu'à 10 ans)
CrimeCour d'AssisesAmende et prison (> 10 ans)

Les 3 conditions de l'infraction

  • L'élément légal : L'acte doit être écrit et sanctionné par un texte qui prévoit et sanctionne l'infraction commise. « Nul crime, nul délit ne peut être puni sans un texte de loi. »
  • L'élément matériel : La preuve concrète que l'acte a été commis. Acte positif (commission) ou acte négatif (omission — non-assistance à personne en danger).
  • L'élément moral : L'intention de l'auteur. Pour qu'il y ait crime ou délit, l'auteur doit avoir agi de manière libre et consciente.
DROIT Les circonstances aggravantes +

Une infraction peut être considérée comme plus grave : on parle de circonstances aggravantes, entraînant des peines plus élevées.

Principales circonstances aggravantes

  • La vulnérabilité de la victime : Enfants, personnes âgées, en situation de handicap ou femmes enceintes.
  • La qualité de la victime : S'en prendre à un policier, gendarme, pompier, ou agent de sécurité dans l'exercice de ses fonctions.
  • Le lien entre l'auteur et la victime : Lien d'autorité ou de parenté (violences conjugales ou familiales).
  • Le lieu de commission : Transports de voyageurs, abords des établissements scolaires.
  • Le mode opératoire : En réunion (agir à plusieurs) ou avec usage d'une arme.
Art. 132-75 CP Définition d'une arme +

Les 4 types d'arme

  • L'arme par nature : Objet fabriqué dans le seul but de blesser ou tuer (couteau, pistolet, fusil).
  • L'arme par destination : N'importe quel objet détourné pour menacer, blesser ou tuer (la catégorie la plus courante sur le terrain).
  • L'arme par imitation : Objet qui ressemble à une arme réelle et crée une confusion (airsoft, pistolet à eau, etc.).
  • L'usage d'un animal : Généralement un chien, mais aussi serpent, rat, hyène…
À retenir pour le terrain

En tant qu'agent de sûreté, si je dois me défendre, l'utilisation du moindre objet (extincteur, chaise, lampe torche) sera qualifié par le juge comme un usage d'arme par destination. Il en va de même pour l'agresseur.

Art. 121-4/7 CP L'auteur, le co-auteur et le complice +
  • L'auteur (Art. 121-4 CP) : La personne qui commet personnellement les faits incriminés. C'est celui qui réalise l'élément matériel de l'infraction.
  • Le co-auteur : Celui qui participe directement à la commission de l'infraction aux côtés de l'auteur et accomplit personnellement tout ou partie des actes matériels.
  • Le complice (Art. 121-7 CP) : Celui qui n'exécute pas l'acte lui-même, mais qui y participe indirectement. Deux formes : par aide/assistance (faire le guet) ou par instigation (donner des instructions).
Art. 121-5 CP La tentative +

Pour qu'une personne soit punissable, il n'est pas toujours nécessaire que l'infraction soit « consommée ». Si certains critères sont respectés, la simple tentative est juridiquement assimilée à l'infraction elle-même (tentative punissable).

Conditions de la tentative punissable

  • Un commencement d'exécution : L'auteur a accompli des actes concrets qui tendent directement à la réalisation du crime ou du délit.
  • L'absence de désistement volontaire : L'auteur n'a pas renoncé de lui-même à poursuivre son action. S'il s'arrête à cause d'un obstacle extérieur, c'est une tentative punissable.

Exemple concret : Un individu force la fenêtre d'un bâtiment la nuit pour voler, mais déclenche l'alarme et prend la fuite. Il n'a rien volé, mais son acte est une tentative de vol punissable.

Art. 53 CPP La notion de flagrance +

Les 3 situations de flagrance

  • Flagrance instantanée : Le crime ou délit se commet actuellement.
  • Flagrance récente : Le crime ou délit vient de se commettre.
  • Flagrance quasi-surpris : Dans un temps très voisin de l'action — la personne est poursuivie par la clameur publique ou trouvée en possession d'objets suspects.
Art. 73 CPP L'appréhension en flagrance +

L'enquête de flagrance est contrôlée par le Procureur de la République et ne peut pas excéder 8 jours (prolongation possible de 8 jours pour les crimes ou délits punis d'au moins 5 ans d'emprisonnement).

Les limites de mon action

  • Je ne peux appréhender que dans le cadre d'un crime ou délit puni d'emprisonnement.
  • Je dois conduire immédiatement l'individu devant un OPJ.
  • La contrainte utilisée doit être strictement nécessaire et proportionnée.
Art. 122-5 al.1 CP La légitime défense des personnes +
Terme juridiqueExplication concrète
Atteinte injustifiéeL'agresseur n'a aucun droit légal d'attaquer (ni arrestation légale, ni jeu consenti).
Envers elle-même ou autruiJe peux me défendre moi-même ou défendre quelqu'un d'autre.
Dans le même tempsL'acte de défense et l'agression doivent être simultanés. Pas de vengeance après.
Commandé par la nécessitéLa force physique est l'unique option pour stopper l'agression. La négociation n'est plus possible.
Sauf disproportionLa riposte doit être proportionnée à la menace. On ne sort pas une arme face à des claques.
Art. 122-5 al.2 CP La légitime défense des biens +
Point crucial

On n'a jamais le droit de tuer pour protéger un objet. Le décès de l'auteur n'est jamais justifiable pour un bien. La vie humaine, même celle d'un délinquant, vaut plus qu'un objet.

La légitime défense des biens ne s'applique jamais pour une simple contravention. Elle s'applique pour un crime ou un délit (vol, dégradations "3D").

Art. 122-6 CP La légitime défense automatique (présomption) +
CritèreAlinéa 1 (intrusion nocturne)Alinéa 2 (vol violent)
ObjectifRepousser une intrusionSe défendre contre un vol violent
LieuLieu habité (domicile)Tout lieu (public ou privé)
MomentObligatoirement de nuitJour ou nuit
Condition cléEffraction, ruse ou violenceViolence exercée par l'auteur
Rappel crucial

La présomption reste "simple" : un juge peut la renverser s'il prouve que la riposte était manifestement disproportionnée (ex : tirer dans le dos d'un voleur qui s'enfuit). Le discernement reste l'outil essentiel.

Art. 122-7 CP L'état de nécessité +
Terme juridiqueExplication concrète
Danger actuel ou imminentLe péril est réel et immédiat. Si je n'agis pas tout de suite, le drame arrive.
Acte nécessaire à la sauvegardeMon action est l'unique solution pour stopper le danger. Je n'avais aucun autre moyen légal.
Sauf disproportionLe mal commis (ex : briser une vitre) doit être beaucoup moins grave que le mal évité (ex : un mort dans l'incendie).

L'état de nécessité, c'est choisir le « moindre mal ». Mon rapport devra être ultra précis pour expliquer pourquoi j'ai dû enfreindre la loi pour éviter un drame.

Art. 803 CPP Menottes et moyen d'entrave +

Les 2 conditions de l'entrave

  • Dangereux pour autrui ou pour lui-même : L'individu est violent, se débat, tente de frapper ou de se blesser lui-même.
  • Susceptible de prendre la fuite : L'individu a déjà tenté de s'échapper ou manifeste clairement l'intention de fuir avant l'arrivée de la police.

Règles d'or du menottage

  • La proportionnalité : Si l'individu est calme et coopératif, le menottage n'est pas nécessaire.
  • La surveillance continue : Une personne menottée est sous ma responsabilité entière.
  • Le passage de consigne : Dès l'arrivée des forces de l'ordre, je précise l'heure du menottage et les raisons.
  • Le respect de la dignité : Je dois prendre toutes les mesures pour que la personne menottée ne soit pas photographiée ou filmée par des tiers.
Attention au vocabulaire !

On ne dit pas "j'arrête" ou "j'emprisonne" quelqu'un, mais : « J'ai appréhendé l'individu et je l'ai entravé pour garantir sa sécurité et la mienne en attendant votre arrivée. »

PÉRIODES DE FORMATION EN MILIEU PROFESSIONNEL

3 ans de formation, 4 univers de la sécurité à découvrir progressivement. En PFMP, la démarche est celle d'un véritable apprentissage.

01
Sécurité Privée
En centre commercial ou bâtiment privé. C'est ici que je vais réellement pratiquer le métier d'agent de sûreté et mettre en application directe les cours.

Missions

  • Rondes de prévention et de dissuasion
  • Contrôle d'accès et filtrage véhicules
  • Gestion des badges et visiteurs
  • PCS : vidéoprotection, alarmes, communication radio
  • Vol à l'étalage : appréhension (Art. 73 CPP)
  • Préservation des traces et indices
Centre commercial · Site privé
02
Police Municipale
Terrain le plus complet pour observer l'application du droit. Sous l'autorité du Maire — missions de voie publique, rôle d'APJA (Art. 21 CPP).

Missions observées

  • Contrôle de stationnement : Zone Bleue (Art. R417-3)
  • Stationnement payant (Horodateur)
  • Véhicule "ventouse" > 7 jours (Art. R417-12)
  • Salubrité publique — dépôt sauvage (Art. R634-2 CP)
  • Marché — vendeur à la sauvette (Art. 446-1 CP)
  • Relevé d'identité (Art. 78-6 CPP)
Sous l'autorité du Maire
03
Police Nationale
En tant qu'observateur au sein des locaux. Contrôle d'identité (Art. 78-2 CPP), enquête de flagrance, GAV (Art. 62-2), usage de la force (GTPI).

Missions observées

  • Contrôle d'identité en périmètre de sécurité
  • Palpation de sécurité (Art. R434-16 CSI)
  • Intervention VIF (Art. 222-13 CP)
  • Remise à l'OPJ — placement en GAV
Terminale · Observateur
04
ENP Draveil
École Nationale de Police — formation des Gardiens de la Paix et ADS. Déontologie policière, GTPI, menottage professionnel. Sous l'autorité du Ministre de l'Intérieur.

Ce que j'observe

  • Déontologie policière et formation APJ/OPJ
  • GTPI — Gestes Techniques Professionnels d'Intervention
  • Usage de l'arme (Art. L435-1 CSI)
  • Art. 803 CPP — menottage professionnel
  • Simulations CPP : gel de scène, indices (Art. 54)
Terminale · 1 semaine

FICHES MÉMO

7 fiches de synthèse opérationnelle pour maîtriser les notions clés sur le terrain. Cliquez sur une fiche pour accéder au contenu détaillé.

🔍
La méthode VIDOCQ
L'art de l'observation pour anticiper la malveillance. Penser comme l'adversaire pour identifier les points faibles.
🚧
Périmètre de sécurité - Gel des lieux
Art. 54 CPP et Art. 434-4 CP. Préserver les indices pour la manifestation de la vérité.
📹
Vidéoprotection ou Vidéosurveillance ?
Une distinction précise selon le lieu (public CSU / privé PCS) et l'autorité qui commande.
Flagrance - Appréhension - Menottage
Les trois frères : Art. 53, 73 et 803 CPP. Sans flagrance, pas d'appréhension ; sans risque, pas de menottes.
🪪
Recueil, Vérification et Contrôle d'identité
3 niveaux distincts selon la qualité (OPJ/APJ, APJA, Agent de sûreté). Ne pas confondre sous peine de poursuites.
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La Garde à Vue (GAV)
Art. 62-2 CPP. Ce qui se passe après la remise à l'OPJ. Durée, droits de la personne, lien avec mon compte rendu.
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Les catégories d'armes
Art. R311-2 CSI — 4 catégories (A interdites, B autorisation, C déclaration, D libre). Acquérir, détenir, porter, transporter.

LA MÉTHODE VIDOCQ

Pour être un bon agent de sûreté, je ne dois pas seulement « regarder », je dois observer. La méthode Vidocq consiste à me mettre dans la peau d'un malveillant pour identifier les points faibles d'un site.

PRINCIPE Penser comme l'adversaire +

La méthode repose sur une analyse critique du site. Je dois me poser une question simple : « Si je voulais entrer par effraction, voler ou dégrader, comment ferais-je ? »

Les 4 piliers de l'observation Vidocq

  • L'Environnement : J'observe les abords du site. Zones d'ombre, buissons mal taillés, mobilier urbain permettant d'escalader une clôture.
  • Les Accès (La Périphérie) : Je teste physiquement les issues. Porte coupe-feu mal fermée, fenêtre sans barreau, badge qui traîne, portail dont le verrou est fragile.
  • L'Humain (La Faille Sociale) : J'observe le comportement des usagers. Laisse-t-on entrer quelqu'un sans badge par politesse ? Les clés sont-elles laissées sur les bureaux ?
  • La Technique : Je vérifie l'efficacité du matériel. Angles morts pour les caméras ? Détecteurs de mouvement masqués par du stock ?

Règle des 3P

Observation (Point faible)Moyen de défense proposéJustification légale
Zone d'ombre derrière le bâtimentInstallation d'un éclairage à détectionDissuasion et meilleure image en Vidéoprotection
Grillage découpé ou affaisséRéparation immédiate et ronde renforcéePrévention de l'intrusion (Art. 311-1 CP)
Badge non rendu par un ancien agentDésactivation informatique du badgeContrôle d'accès strict (Droit de propriété)

Mon rôle lors des rondes

  • Je change d'itinéraire pour ne pas être prévisible.
  • Je m'arrête et j'écoute les bruits suspects.
  • Je vérifie les scellés et les dispositifs de fermeture.

PÉRIMÈTRE DE SÉCURITÉ — GEL DES LIEUX

Art. 54 CPP Conservation des indices +

En tant qu'agent de sûreté, je suis généralement le premier arrivé sur les lieux d'un incident. Ma mission prioritaire est de mettre en place un périmètre de sécurité. L'OPJ est garant de la scène de crime et si je pollue les indices, je peux être poursuivi pour entrave à la manifestation de la vérité.

Article 434-4 CP — Délit d'entrave

Est puni de 3 ans d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende le fait de modifier l'état des lieux d'un crime ou d'un délit. Lorsque les faits sont commis par une personne qui, par ses fonctions, est appelée à concourir à la manifestation de la vérité, la peine est portée à 5 ans d'emprisonnement et 75 000 €.

VIDÉOPROTECTION OU VIDÉOSURVEILLANCE ?

CSI / RGPD Tableau comparatif : Public vs Privé +
CritèresVidéoprotection (Public / CSU)Vidéosurveillance (Privé / PCS)
Lieu filméRue, place, enceinte ouverte au public (stade, magasin)Bureaux, couloirs internes, zones de fret
Acteur principalPolicier Municipal (APJA) sous l'autorité du MaireAgent de Sûreté (Carte pro CNAPS) pour un client
Cadre légalArt. L251-1 à L255-1 du CSI — autorisation préfectoraleRGPD et Code du Travail — registre RGPD de l'entreprise
Contrôle CNILInterdiction de filmer l'intérieur des habitationsInterdiction de filmer les postes de travail ou zones de pause
InformationPanneau avec logo caméra obligatoire à chaque entréeNote d'information aux salariés et affichage obligatoire
Durée conservationEn règle générale 30 jours maximumEn règle générale 30 jours maximum
Le Secret Professionnel

Que ce soit au CSU ou au PCS, les images sont protégées. Diffuser une vidéo sur les réseaux sociaux constitue un délit passible de sanctions pénales.

« Je ne dois jamais dire à un jury d'examen que je fais de la "vidéosurveillance" dans la rue. Le mot exact est Vidéoprotection. C'est un détail qui prouve que je maîtrise le Code de la Sécurité Intérieure (CSI). »

FLAGRANCE — APPRÉHENSION — MENOTTAGE

Art. 53, 73, 803 CPP Les trois frères +

Ces trois articles sont comme trois frères. On ne peut jamais sauter une étape : sans flagrance, pas d'appréhension ; sans risque lors de l'appréhension, pas de menottes.

L'enquête de flagrance est contrôlée par le Procureur de la République et ne peut pas excéder une durée de 8 jours. En cas d'entrave ou de menottage, toutes mesures utiles doivent être prises pour éviter qu'une personne menottée soit photographiée ou fasse l'objet d'un enregistrement audiovisuel.

RECUEIL, VÉRIFICATION ET CONTRÔLE D'IDENTITÉ

Art. 78-2 CPP Les 3 niveaux d'identification +
Terme juridiqueQui peut le faire ?Explication concrète
Contrôle d'identité (78-2 CPP)Uniquement OPJ / APJ (Police Nat. / Gend.)On oblige une personne à prouver qui elle est parce qu'on la soupçonne d'une infraction ou pour prévenir un trouble à l'ordre public.
Relevé d'identité (78-6 CPP)Police Municipale (APJA)L'agent de PM constate une contravention. Il demande une pièce d'identité pour remplir le PV. Si la personne refuse, il en réfère à l'OPJ.
Recueil d'identitéAgent de Sûreté / PMJe demande simplement : « Quel est votre nom ? ». La personne répond oralement. Je n'ai aucun pouvoir de contrainte pour exiger ses papiers.
Danger juridique

En tant qu'Agent de Sûreté, je ne fais JAMAIS de contrôle d'identité au sens de l'article 78-2. Je fais de la VÉRIFICATION D'ACCÈS. Si j'oblige quelqu'un à me donner ses papiers par la force, je commets un abus de pouvoir et je peux être poursuivi pour violence ou immixtion dans une fonction publique.

« Le contrôle d'identité est une arme juridique réservée à l'État. En sécurité privée, notre arme, c'est le règlement intérieur du site : pas de papiers = pas d'entrée. C'est simple et imparable. »

LA GARDE À VUE (GAV)

Art. 62-2 CPP Ce qui se passe après ma remise à l'OPJ +

Après avoir appliqué l'Art. 73 CPP (appréhension), je remets l'individu à l'OPJ. C'est à ce moment précis que ma responsabilité s'arrête et que peut débuter la Garde à Vue.

Objectifs de la GAV (Art. 62-2 CPP)

  • Permettre l'exécution des investigations (auditions, perquisitions).
  • Garantir la présentation de la personne devant le procureur.
  • Empêcher la personne de modifier les preuves ou de faire pression sur les témoins.

La durée

SituationDurée maximale
Durée de base24 heures
Avec prolongation (décision du Procureur)48 heures
Trafic de stupéfiants ou terrorisme96 heures, voire 144 heures

Les droits de la personne gardée à vue

  • Connaître le motif du placement en GAV.
  • Faire prévenir un proche et son employeur.
  • Être examinée par un médecin.
  • Être assistée par un avocat et par un interprète.
  • Garder le silence ou faire des déclarations.

LES CATÉGORIES D'ARMES

Art. R311-2 CSI Le classement des 4 catégories +
CatégorieRégimeExemplesJustificatif
AINTERDICTIONFusil d'assaut type Kalachnikov, lance-roquettes, armes automatiques, matériels de guerreSauf exceptions militaires ou musées
BAUTORISATIONPistolets, revolvers, armes semi-auto > 3 coups, Taser de contactLicence de tir sportif + avis favorable de la fédération
CDÉCLARATIONFusils de chasse, semi-auto < 3 coups, lanceurs > 20 joulesPermis de chasser ou licence de tir sportif
DLIBRE (sous conditions)Armes blanches, bombes lacrymogènes < 100 ml, air comprimé entre 2 et 20 joulesMajorité (18 ans révolus)

Vocabulaire de l'agent — 4 définitions clés

  • Acquérir : Devenir légalement propriétaire d'une arme (achat, don, héritage).
  • Détenir : Avoir l'arme chez soi, dans un coffre-fort ou un lieu sécurisé.
  • Porter : Avoir l'arme sur soi dans l'espace public, immédiatement utilisable. Interdit aux particuliers.
  • Transporter : Déplacer l'arme d'un point A à un point B. Elle doit être non immédiatement utilisable (sous housse, verrou de pontet, munitions séparées).
À retenir pour le terrain

En tant qu'Agent de Sûreté, je n'ai le droit de porter aucune arme (même de catégorie D) sauf si ma mission spécifique le prévoit avec une autorisation préfectorale nominative. Une arme factice utilisée pour menacer est considérée comme une arme par imitation (Art. 132-75 CP).

« Je traite toujours une arme découverte comme si elle était chargée et réelle, même si elle ressemble à un jouet. La sécurité passe par la méfiance. »

LES ARTICLES CITÉS

ArticleTitre / Référence principale
L611-1Agents de sécurité privée (référence dans L613-2/3)
L613-1Limite des lieux d'exercice (gardiennage)
L613-2Sécurisation en cas de menace grave ou périmètre de protection
L613-3Sécurisation des rassemblements (> 300 spectateurs)
L211-11Service d'ordre affecté par l'organisateur
L226-1Périmètre de protection
L251-2Vidéoprotection — finalités autorisées
L435-1Usage des armes par la police nationale
L511-1Missions de la Police Municipale
R311-2Catégories d'armes
R434-16Palpation de sécurité (police)
ArticleTitre / Référence principale
21 / 21-1 / 21-2APJA — rôle, seconder les OPJ, rendre compte
53Flagrance
54Conservation des indices / Gel des lieux
62-2Garde à Vue (GAV)
73Appréhension en flagrance
78-2Contrôle d'identité
78-3Vérification d'identité
78-6Relevé d'identité (Police Municipale)
803Menottes et moyens d'entrave
ArticleTitre / Référence principale
121-1Responsabilité pénale (propre fait)
121-4 / 121-5 / 121-6 / 121-7Auteur, tentative, complice puni comme l'auteur, complicité
122-5Légitime défense (personnes et biens)
122-6Légitime défense automatique (présomption)
122-7État de nécessité
132-75Définition d'une arme
222-13Violences volontaires (ex. VIF)
311-1Le vol
433-5Outrage à agent
434-4Entrave à la manifestation de la vérité
446-1Vente à la sauvette
R634-2Dépôt sauvage d'ordures
CodeArticleTitre / Référence principale
Code Civil1240Responsabilité civile — « qui casse, paye »
Code de la RouteR417-3Stationnement Zone Bleue
Code de la RouteR417-12Stationnement abusif (> 7 jours)
Code de la DéfenseL2331-1Catégories d'armes (référence croisée)

PRÊT POUR
LE SERVICE

Au terme de ce manuel, j'ai désormais entre les mains l'ensemble des connaissances, des procédures et des repères juridiques pour exercer mon futur métier avec DISCERNEMENT, COMPÉTENCE et RESPONSABILITÉ.

1
Prévenir vaut mieux qu'intervenir.
2
Dissuader par ma présence et mon professionnalisme est ma plus belle victoire.
3
Intervenir uniquement quand c'est nécessaire, avec une force strictement proportionnée.
4
Documenter chaque fait avec précision : mon écriture est ma meilleure protection juridique.
5
Travailler en équipe : la sûreté est une chaîne dont je suis un maillon essentiel, jamais isolé.
Sois fier de ce que tu apprends.
Sois irréprochable dans ce que tu fais.
Sois un agent de sûreté exemplaire.
« La sûreté n'est pas qu'un métier, c'est une vocation qui s'exerce avec rigueur, humilité et constance. »
Ça c'est mon manuel,
Il y en a beaucoup comme celui-là, mais lui c'est le mien,
Mon manuel c'est mon vrai copain